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Qu'est-ce que le Vibe Coding ?

Eliott Ardisson

Eliott Ardisson

Founder & CEO - Basalt Studio

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Le vibe coding permet de programmer des agents IA en langage naturel. Ce que ça change concrètement pour les PME, et comment l'aborder sans équipe technique.

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Points clés

  • Le vibe coding, c’est l’art de donner des instructions à une IA en langage courant plutôt qu’en code structuré — le modèle interprète l’intention et génère les actions correspondantes.
  • Cette approche rend l’automatisation accessible aux équipes non techniques, en particulier dans les PME où les ressources développement sont rares ou inexistantes.
  • Elle ne remplace pas le développement sur mesure, mais elle ouvre un espace intermédiaire très utile : des workflows intelligents, créés rapidement, sans avoir à recruter ou externaliser.
  • Les résultats dépendent fortement de la qualité des instructions données et de la rigueur de la supervision initiale — ce n’est pas une boîte noire qu’on branche et oublie.
  • Pour les dirigeants de PME, la vraie question n’est pas “qu’est-ce que le vibe coding ?” mais “à quels processus ça s’applique chez moi, et par où commencer ?”

Ce que “vibe coding” veut vraiment dire

Le terme est apparu dans la sphère tech en 2025, popularisé notamment par Andrej Karpathy, cofondateur d’OpenAI, pour décrire une pratique qui existait déjà de facto : écrire des instructions en langage naturel à un modèle de langage, puis laisser ce modèle générer du code ou orchestrer des actions sans que l’utilisateur n’ait à maîtriser la syntaxe sous-jacente.

Dans sa forme la plus simple, c’est vous qui tapez à un agent IA : “Quand un nouveau lead remplit notre formulaire de contact, envoie-lui un email de bienvenue personnalisé, crée une fiche dans le CRM, et planifie un rappel pour l’équipe commerciale 48h plus tard.” Et l’agent fait le travail.

Ce qui change, c’est que vous n’avez pas besoin de configurer manuellement chaque condition, chaque connecteur, chaque déclencheur. Le modèle interprète l’intention, identifie les outils impliqués, et construit la logique d’exécution. L’utilisateur reste en position de superviseur, pas de technicien.

Ce n’est pas de la magie, et ce n’est pas non plus une solution universelle. Mais pour un certain type de tâches — répétitives, bien définies, qui consomment du temps humain sans créer de valeur différenciante — c’est une approche qui change le rapport au temps et aux ressources.


Pourquoi ce concept arrive maintenant

Deux évolutions techniques concomitantes ont rendu le vibe coding praticable à grande échelle.

La première, c’est la qualité des modèles de langage. Les LLMs actuels (Claude, GPT-4, Gemini et leurs dérivés) comprennent des instructions complexes, gèrent l’ambiguïté, et peuvent décomposer une demande en étapes d’exécution cohérentes. Il y a trois ans, les résultats étaient trop imprévisibles pour en faire la base d’un workflow métier.

La seconde, c’est la prolifération des couches d’orchestration. Des outils comme n8n permettent aujourd’hui de connecter des dizaines d’applications et d’y injecter des agents IA sans écrire de code. La plomberie technique existe ; le vibe coding, c’est la couche d’intention qui s’installe par-dessus.

Pour les PME, cette convergence est significative. McKinsey a documenté dans plusieurs de ses rapports sur l’automatisation que les petites et moyennes structures peinent à adopter l’IA non pas par manque de volonté, mais par manque de ressources techniques internes. Le vibe coding réduit ce frein structurellement.


Comment ça fonctionne concrètement

Prenons un exemple ancré dans la réalité d’une structure de taille moyenne.

Un cabinet de recrutement reçoit chaque semaine plusieurs dizaines de candidatures spontanées. Actuellement, une chargée de recrutement passe plusieurs heures à trier les profils, envoyer des accusés de réception, et alimenter le tableau de suivi. C’est une tâche utile mais non différenciante.

Avec une approche vibe coding, elle pourrait décrire à un agent : “Quand un email de candidature arrive sur l’adresse jobs@, extrais le nom, le poste visé et les compétences clés. Crée une fiche dans notre ATS, envoie un accusé de réception avec le délai de réponse standard, et classe la candidature dans la bonne pile selon les critères qu’on a définis.”

L’agent — déployé sur une infrastructure comme n8n avec un accès à la messagerie et à l’ATS — va interpréter cette instruction, générer les actions correspondantes, et les exécuter à chaque déclenchement. Si quelque chose est ambigu (le poste visé n’est pas mentionné dans l’email), l’agent peut être configuré pour escalader ou appliquer une règle par défaut.

Ce que l’utilisateur a fait : décrire un processus en deux paragraphes. Ce qu’il n’a pas fait : apprendre à coder, configurer des webhooks, écrire des règles if/then dans une interface de no-code.


Les cas d’usage les plus pertinents pour les PME

Le vibe coding n’est pas adapté à tout. Il excelle dans un périmètre précis.

Traitement de données entrantes non structurées : emails, formulaires, PDFs, messages. Un agent peut lire, extraire, classer et router sans que personne n’intervienne manuellement.

Séquences de communication répétitives : relances prospects, confirmations de rendez-vous, onboarding clients, rappels de renouvellement. Des processus bien définis mais qui mobilisent du temps humain disproportionné.

Agrégation d’informations multi-sources : consolider des données depuis un CRM, un tableur et une boîte mail pour produire un rapport hebdomadaire ou un briefing commercial.

Qualification et routage de leads : analyser une demande entrante, lui attribuer un score de priorité selon des critères définis, et l’envoyer au bon interlocuteur avec un résumé.

Gestion des tâches administratives répétitives : vérification de conformité documentaire, extraction de données de factures, création d’entrées comptables préliminaires.

Ce qui reste difficile à adresser avec cette approche : les processus qui nécessitent une logique métier très fine, des intégrations avec des systèmes legacy peu accessibles, ou des décisions à fort enjeu qui requièrent un jugement humain non substituable.


Ce que le vibe coding ne fait pas

Il vaut mieux être clair sur les limites, parce que les attentes gonflées sont la principale cause d’échec dans les projets d’automatisation par IA.

Il ne se configure pas tout seul. Même si l’instruction est en langage naturel, quelqu’un doit définir les processus, identifier les outils connectés, tester les cas limites, et valider les outputs. La réduction de friction est réelle, mais l’effort de conception ne disparaît pas.

Il dépend de la qualité des instructions. Des descriptions vagues produisent des comportements imprévisibles. “Gère les demandes clients” est trop large. “Réponds aux questions sur les délais de livraison en consultant notre FAQ, et escalade vers Marie si la commande date de plus de 30 jours” est opérationnel.

Il nécessite une supervision initiale sérieuse. Les premières semaines d’utilisation d’un agent IA sont critiques. Les erreurs arrivent, et elles peuvent avoir des conséquences concrètes (email envoyé au mauvais destinataire, donnée mal classée). Une supervision humaine régulière pendant la phase de rodage est indispensable.

Il ne remplace pas un développeur pour les cas complexes. Pour des intégrations profondes, des logiques conditionnelles très ramifiées, ou des systèmes techniques sur mesure, le développement reste nécessaire. Le vibe coding couvre la zone intermédiaire, pas tout le spectre.


Observations de terrain : ce qui coince le plus souvent

Dans le travail de Basalt Studio avec des PME qui déploient leurs premiers agents IA, la difficulté la plus fréquente n’est pas technique. C’est la formalisation des processus.

Beaucoup de dirigeants savent ce que leurs équipes font, mais ne l’ont jamais écrit de manière suffisamment explicite pour qu’un agent puisse l’exécuter de façon cohérente. “On qualifie les leads selon notre expérience” n’est pas un critère actionnable. “Un lead est qualifié si son budget dépasse X, son besoin correspond à nos offres, et il peut démarrer dans les 90 jours” l’est.

Cette étape de formalisation — souvent appelée process mapping ou audit des workflows — est en réalité la partie qui prend le plus de temps et qui détermine le plus la qualité des résultats. L’implémentation technique vient ensuite ; elle est plus rapide que dans l’automatisation classique, mais elle n’a de valeur que si ce qui est automatisé est bien défini en amont.


Vibe coding vs automatisation traditionnelle : une lecture honnête

Le vibe coding n’est pas une technologie entièrement nouvelle — c’est une couche d’interface nouvelle sur des technologies d’automatisation qui existent depuis des années. La différence est réelle, mais elle mérite d’être nuancée.

DimensionVibe codingAutomatisation no-code classiqueDéveloppement sur mesure
Compétences requisesDescription claire du processusConfiguration technique dans l’outilProgrammation
Flexibilité face à l’imprévuBonne (le modèle gère l’ambiguïté)Faible (règles rigides)Maximale
Temps de mise en placeHeures à quelques joursJours à semainesSemaines à mois
Coût de maintenanceModéréVariableÉlevé
LimitesInstructions vagues = résultats instablesCas non prévus bloquent toutDépendance technique forte

Le no-code classique (Zapier, Make) reste pertinent pour des automatisations simples et très prévisibles. Le vibe coding apporte de la valeur quand il faut gérer de l’hétérogénéité — des inputs variables, des cas limites, du contenu non structuré.


Les termes à connaître pour ne pas être perdu

Agent IA : un programme qui peut percevoir un contexte, raisonner dessus, et déclencher des actions (envoyer un email, lire un fichier, mettre à jour une base de données). Différent d’un simple chatbot qui répond mais n’agit pas.

LLM (Large Language Model) : le modèle de langage qui interprète les instructions en langage naturel et génère les réponses ou actions. Claude (Anthropic), GPT-4 (OpenAI), Gemini (Google) sont les plus répandus.

Orchestration : la couche qui coordonne plusieurs outils et agents pour exécuter un workflow complexe. Des outils comme n8n jouent ce rôle.

Prompt : l’instruction donnée à un modèle d’IA. La qualité du prompt détermine largement la qualité du résultat — c’est la compétence centrale dans une approche vibe coding.

Workflow automatisé : une séquence d’actions déclenchée automatiquement selon des conditions définies, sans intervention humaine à chaque étape.


Par où commencer si vous dirigez une PME

La plupart des dirigeants qui s’intéressent au vibe coding partent du mauvais endroit. Ils cherchent l’outil avant d’avoir identifié le problème.

Le bon point de départ est une question simple : quelles sont les trois tâches répétitives dans mon équipe qui consomment le plus de temps humain sans requérir de jugement réel ? Ce sont les candidats naturels pour l’automatisation.

Ensuite, pour chacune de ces tâches, écrivez une description précise : déclencheur, informations disponibles en entrée, règles de traitement, output attendu, cas d’exception. Si vous pouvez écrire ça clairement pour un humain qui n’a jamais travaillé dans votre entreprise, vous pouvez le donner à un agent IA.

L’infrastructure technique — choix des outils, connecteurs, modèle LLM — vient après. Elle est importante, mais elle n’est pas le premier problème à résoudre.


Le vibe coding est une approche sérieuse, pas un buzzword de plus. Pour les PME qui n’ont pas de ressources techniques internes, elle ouvre un accès réel à l’automatisation intelligente — à condition de l’aborder avec méthode plutôt qu’enthousiasme non structuré. La formalisation des processus reste le travail difficile ; la technologie, elle, est aujourd’hui à portée.

Si vous voulez explorer concrètement quels workflows de votre entreprise sont bons candidats pour cette approche, vous pouvez réserver un appel stratégie avec l’équipe Basalt Studio — sans engagement, et orienté sur votre situation réelle. Prendre rendez-vous ici.